Première de couverture de l'ouvrage Les condottieresA la fin du mois de mai dernier, les éditions Ellipses publiaient une synthèse consacrée aux condottieres et rédigée par deux professeurs d’histoire médiévale de l’université de Toulouse – Le Mirail,  Bernard Doumerc et Sophie Cassagnes-Brouquet. Cette dernière, probablement connue des étudiants préparant le CAPES d’histoire-géographie – elle est l’auteure, avec François Brizay, de l’un des manuels portant sur la question transversale Le prince et les arts[1] -, s’intéresse au fait urbain en Europe à la fin du Moyen-Âge[2] et, surtout, à l’histoire culturelle et l’art de cette période sous l’angle de la pratique artistique, du mécénat et des politiques artistiques[3]. Bernard Doumerc, auteur d’une thèse intitulée Venise et l’espace maritime occidental au XVe siècle : une tentative de reconversion commerciale[4], oriente ses recherches sur l’Italie à la fin de l’époque médiévale et plus particulièrement sur la cité vénitienne dans ses aspects politiques, économiques et culturels[5].

Partagé en quatre parties (voir le sommaire ci-dessous), l’ouvrage aspire à combler l’absense relative de travaux français consacrés à ces chefs de guerre italiens[6], alors que l’historiographie anglaise et italienne est « abondante »[7]. Ce travail dense (plus de 500 pages), s’appuyant sur une abondante littérature ainsi que sur quelques fonds des archives de l’Etat de Mantoue, de la bibliothèque de Rimini ou encore de la Bibliothèque nationale de France (BNF), se concentre aussi bien sur les grandes familles de condottiere (Montefeltro, Sforza, Borgia, Colleoni, etc.) que sur des personnages plus « méconnus » (troisième partie). Dans un style fluide et accessible, proche du récit détaillé parfois légèrement romancé, la production de Sophie Cassagnes-Brouquet et de Bernard Doumerc s’arrête sur la pratique du mécénat des capitaines de guerre qui, bien souvent, se mueront en princes désireux d’afficher leur réussite, leur puissance et leur gloire. D’ailleurs, de nombreuses descriptions de différentes productions artistiques sont fournies avec, pour supports, quelques encarts d’illustrations et d’oeuvres bienvenus. Offrant un « double regard » sur un tel sujet – celui de l’historienne de l’art et celui de l’historien – l’ouvrage comprend des outils annexes (cartes, glossaire, chronologie, arbres généalogiques, etc.) fort utiles pour la pleine compréhension des parties traitées.

Sommaire :

Première partie : La guerre perpétuelle
Chap. I – Une Italie déchirée
Chap. II – Les condottieres précurseurs
Chap. III – Le condottiere, un capitaine aventure
Chap. IV – Le maître de la cité

Deuxième partie : Les condottieres au pouvoir
Chap. V – La conquête de Milan, des Visconti aux Sforza
Chap. VI – Este de Ferrare et Gonzaga de Mantoue, seigneurs
et condottieres
Chap. VII – Des hommes d’exception, les princes d’Urbino et de Rimini
Chap. VIII – Des condottieres au service de la papauté ?

Troisième partie : « Des hommes illustres », condottieres exemplaires et méconnus
Chap.IX – Les héros en Orient
Chap. X – Les tyrans à l’oeuvre
Chap. XI – Le condottiere amoureux
Chap. XII – L’âge d’or des bâtards

Quatrième partie : Les nouvelles armes de la gloire
Chap. XIII – À la gloire du capitaine
Chap. XIV – De la cité idéale au studiolo
Chap. XV – Princes et mécènes

Rémi Devémy

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Notes :

[1] François Brizay, Sophie Cassagnes-Brouquet, Le prince et les arts en France et en Italie (XIVe – XVIIIe siècle), Paris : Bréal, Collection « Amphi Histoire », 2010, 207 p [lien SUDOC].

[2] Page de présentation de l’auteur sur le site de l’université de Toulouse (Laboratoire France méridionale et Espagne : histoire des sociétés du Moyen Age à l’époque contemporaine [FRAMESPA]).

[3] Sophie Cassagnes-Brouquet est titulaire de deux doctorats pour une thèse sur la violence des étudiants à Toulouse de 1460 à 1610 dirigée par Jacques Le Goff et soutenue à l’EHESS en 1982 [lien SUDOC], et pour une thèse d’histoire de l’art médiéval relative au métier de peintre en Bourgogne au temps des ducs Valois, sous la direction de Fabienne Joubert.

[4] Bernard Doumerc, Venise et l’espace maritime occidental au XVe siècle : une tentative de reconversion commerciale, Thèse d’histoire médiévale dirigée par Alain Ducellier et soutenue à l’Université de Toulouse – Le Mirail en 1989 [lien SUDOC]. Thèse publiée sous le titre Venise et l’émirat hafside de Tunis (1231-1535), Paris : L’Harmattan, 1999, 243 p [lien SUDOC].

[5] Page de présentation de l’auteur sur le site de l’université de Toulouse (Laboratoire France méridionale et Espagne : histoire des sociétés du Moyen Age à l’époque contemporaine [FRAMESPA]).

[6] Sophie Cassagnes-Brouquet, Bernard Doumerc, Les Condottieres : capitaines, princes et mécènes en Italie : XIIIe-XVIe siècle, Paris : Ellipses, 2011, p 5 [lien SUDOC].

[7] Les condottiere : Dossier de presse de l’éditeur, Présentation, disponible en ligne.

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