Un arrêté publié le 10 mai 2011, et modifiant en le complétant celui du 31 mai 2010, vient confirmer l’obligation, à partir de la session 2012 (donc pour l’année universitaire 2011-2012), pour les lauréats des concours de l’enseignement, d’obtenir le certificat de compétences en langues de l’enseignement supérieur (CLES) de niveau 2 (« de deuxième degré »)[1]. Le ministère de l’Éducation nationale a mis à jour en conséquence ce mois-ci sa page d’information relative à ce certificat en précisant la réglementation désormais en vigueur[2]. Pour rappel, le CLES, créé par l’arrêté du 22 mai 2000 sous l’impulsion de la construction d’un cadre européen commun de référence pour les langues (CECR) mis par écrit en 1997[3], vise à attester des compétences des lauréats à communiquer dans une langue étrangère. Le niveau 2 de ce certificat correspond au niveau B1/B2 du cadre de référence.

Les niveaux de référence du cadre européen commun de référence pour les langues (CECR)[4]

Niveau A

Niveau B

Niveau C

Utilisateur élémentaire

Utilisateur indépendant

Utilisateur expérimenté

A1

A2

B1

B2

C1

C2

Niveau école élémen-
taire

Niveau collège

Niveau troisième

Niveau Bac

Le CLES 2 est exigé aussi bien pour les lauréats des concours externes, internes et troisièmes concours de l’enseignement public (CAPES, CAPET, CAPLP, CAPEPS, agrégation, CRPE) que de l’enseignement privé[5]. En sont exemptés entre autres les « mères et pères de trois enfants », les « sportifs de haut niveau » et les étudiants disposant d’un baccalauréat (général, technique, professionnel) possédant la mention « section européenne », « section de langue orientale » ou encore « option internationale »[6]. Le certificat devra avoir été obtenu lors de la nomination en qualité de fonctionnaire stagiaire et non pas pour la titularisation l’année suivante.

Les centres de préparation, en premier lieu les universités, vont devoir mettre à la disposition des étudiants passant les concours de l’enseignement à la fois des modules de cours pour les aider à décrocher ce certificat (en plus du c2i, du Master 2 Métiers de l’enseignement et de la formation, et le concours choisi) et des structures capables de faire passer les examens de langue dans de bonnes conditions. 8 803 étudiants se sont présentés, en France, aux épreuves du CLES 2 durant l’année universitaire 2009-2010 et 39% d’entre eux l’ont acquis[7]. Pour la session 2012, ce seraient théoriquement plus de 110 000 étudiants inscrits pour les concours (premier et second degrés confondus)[8] qui devraient être formés en vue du CLES 2, bien que l’on sache pertinemment d’une part que tous ne se présenteront pas à l’écrit desdits concours et, d’autre part, que tous ne seront pas admissibles et, donc, susceptibles d’être admis. Il n’en demeure pas moins que, au terme de l’année universitaire 2011-2012, les 13 500 postes environ (du primaire et du secondaire) offerts par le ministère[9] devront être occupés par des néo-enseignants ayant obtenu le CLES 2 ou une autre certification attestant d’un niveau B2…

Rémi Devémy

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Notes :

[1] Arrêté du 31 mai 2010, modifié par l’arrêté du 10 mai 2011 fixant les titres, diplômes, certificats, attestations ou qualifications équivalentes attestant des compétences en langues de l’enseignement supérieur et en informatique et internet exigés de candidats ayant subi avec succès les épreuves des concours de recrutement de personnels enseignants des premier et second degrés et de personnels d’éducation relevant du ministre chargé de l’éducation nationale et des concours correspondants de recrutement des maîtres des établissements d’enseignement privés sous contrat, JORF n°0139 du 18 juin 2010 (disponible en ligne).

[2] Page d’information du ministère de l’Éducation nationale relative au certificat de langue exigé des lauréats aux concours du second degré à compter de la session 2012, juillet 2011.

[3] Site officiel du CLES présentant le certificat.

[4] Dossier d’Eduscol sur le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR), septembre 2009.

[5] L’arrêté du 10 mai 2011 précise : « Le titre de l’arrêté de l’arrêté du 31 mai 2010 susvisé est complété par les mots : ‘et des concours correspondants de recrutement des maîtres des établissements d’enseignement privés sous contrat' » (article 1).

[6] Page d’information du ministère de l’Éducation nationale relative au certificat de langue exigé des lauréats aux concours du second degré à compter de la session 2012, juillet 2011.

[7] Marie-Noëlle Olive, Point des sessions CLES : 4 août 2010 – Données nationales, p. 17 (disponible en ligne).

[8] Communiqué de presse de Luc Chatel intitulé « Inscriptions aux concours 2012 : Luc Chatel se réjouit du maintien de l’attractivité des métiers de l’enseignement » et daté du 21 janvier 2011 (disponible en ligne).

[9] Ibid.

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